Le cygne blanc

Poème de Paul Claudel
(1868 Villeneuve-sur-Fère – 1955 Paris)

Cygne

Le signe lent
Du cygne blanc
A fait onduler le vide
Tout l’étang
Plein de temps
Se mêle à l’ange liquide
Sous la lance
Du silence
Frissonne le lourd miroir
C’est l’ennui
Plein de pluie
De la nuit
Qu’exhale ce prêtre noir

Feuille à feuille
Une feuille
Touche la surface morte
Oeil à oeil
L’eau recueille
L’étoile au ciel qui l’exhorte
Cette haleine
Née à peine
Sur l’onde où l’oiseau se mire
Cette touche
Sur la bouche
D’une bouche qui expire
C’est un rêve
Qui s’achève
Une larme dans un soupir
C’est le pli
Qu’on oublie
D’une vie qui va finir.

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